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Mieux comprendre l'autisme

Auteur : JOHANNA LIST-BRILLON Psychologue clinicienne, psychothérapeute
Date de publication : 07/09/2017
Tags : Santé Prévention

  

Qu’est-ce que l’autisme ?
Depuis la première description d’autisme faite par Kanner en 1943, qui correspondrait aujourd’hui à un autisme typique, les définitions ont beaucoup évolué, notamment à l’occasion de chaque nouvelle édition du Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux (DSM), se classant successivement parmi les Troubles Envahissants du développement puis les Troubles du Spectre Autistique. En France, la classification choisie par la Haute Autorité de Santé est celle de la CIM-10 (Classification Internationale des Maladies).

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«L’autisme est un trouble du développement dont le diagnostic est basé sur l’observation de perturbations qualitatives dans les domaines des interactions sociales réciproques et de la communication, et sur celle du caractère restreint, répétitif des comportements, des intérêts et des activités.» Et un de ces 3 champs doit avoir été affecté avant les 3 ans de l’enfant.

Altération des interactions sociales
• Utilisation inadéquate du contact oculaire (ex : évite de croiser le regard, colle son visage contre celui de son interlocuteur), de l’expression du visage (grimaces, mimiques étranges).
• Ne développe pas de relations avec des enfants du même âge malgré de nombreuses occasions.
• Pas de réciprocité émotionnelle, étrangeté de la réaction aux émotions d’autrui (ex : peut rire face à un proche qui pleure).
• Ne recherche pas spontanément à partager son plaisir, ses succès avec d’autres personnes (ex : ne se retourne pas vers sa mère en souriant quand il arrive à faire quelques pas ; plus tard, ne l’appelle pas pour qu’elle le regarde sauter du plongeoir), ne montre pas, n’apporte pas, ne pointe pas les objets qui l’intéressent (ex : ne pointe pas son index en direction de la poupée posée sur l’étagère, ne fait pas d’allersretours visuels entre adulte et poupée).

Altération de la communication
• Retard ou absence totale du langage, sans tentative de communiquer par le geste ou la mimique (souvent précédé par une absence de babillage).
• Difficulté à engager ou maintenir une conversation.
• Usage stéréotypé et répétitif du langage (écholalie : répétition en écho d’un énoncé, immédiate ou à un autre moment) ou mots à valeur de phrase.
• Pas de jeu de faire semblant (ex : un enfant de 18 mois quand tout va bien peut nous servir un café imaginaire avec une dinette, après il guette du regard le plaisir qu’il a provoqué chez nous)

Caractère restreint, répétitif et stéréotypé (répétition sans but) des comportements, intérêts et activités
• Préoccupation marquée pour un centre d’intérêt restreint et stéréotypé (ex : veut regarder la météo télévisée à toute heure, regarde tourner le tambour de la machine à laver).
• Adhésion apparemment compulsive à des habitudes ou rituels non fonctionnels (ex : aligne toutes ses voitures avant d’entrer dans une pièce).
• Maniérisme moteur (ex : battements d’ailes, torsions des mains ou doigts).
• Préoccupation par certaines parties d’un objet (ex : roues des petites voitures) ou utilisation non fonctionnelle de certains objets (ex : sent un petit tambour, tape un objet de dinette contre le mur).

Diagnostic
Le diagnostic s’établit cliniquement (à partir de la pratique) grâce aux observations de professionnels pluridisciplinaires formés et expérimentés, en complément des observations parentales. Il s’articule autour : d’une observation clinique en situation semi-structurée et libre ; d’une évaluation psychologique afin de déterminer le profil intellectuel et socio-adaptatif de l’enfant ; d’un examen du langage et de la communication ; d’un examen du développement psychomoteur et sensorimoteur. Ce diagnostic peut être fait au CRA (Centre Ressources Autisme) ou bien par des praticiens en libéral organisés en réseau coordonné. Il sert ensuite à adapter le mode d’accueil (crèche, assistante maternelle, centre aéré...) et la scolarisation de l’enfant (école, IME...) ainsi qu’à demander une ou plusieurs prises en charge spécifiques (psychologue, orthophoniste, psychomotricien ...), à les mettre en place en libéral avec une contribution financière de la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées). Il permet également en étant fait régulièrement d’évaluer les progrès de l’enfant en question.

Actualités
Depuis 1996 l’autisme est reconnu comme un handicap, et depuis une loi de 2005 il peut faire l’objet de compensations auprès de la MDPH. Nous sommes actuellement en cours du 3ème plan autisme français (2013-17) qui fait suite à l’année 2012 où l’autisme était Grande Cause Nationale. Des guides de recommandations de bonnes pratiques ont été édités par l’ANESM. Ils ont donné lieu à une vive polémique. En effet, en France deux courants opposés s’affrontent. D’un côté les remédiations éducatives et comportementales telles que les méthodes ABA et TEACCH, considérant l’autisme comme un déficit, une incapacité auxquels il est possible de remédier par un cadre très structuré permettant l’acquisition des compétences manquantes. De l’autre le courant psycho-dynamique et psychanalytique, plus axé sur la fonction du symptôme, base de solution singulière à créer avec chaque patient. Heureusement aujourd’hui, psychanalyse et neurosciences commencent à se rencontrer. Quel que soit le courant choisi (il serait important de chercher le plus adapté à chaque enfant et d’observer comment il s’y inscrit), il semble primordial que les familles (comme les professionnels) soient soutenues psychologiquement, du fait de la violence de ce qu’elles ont à vivre, ainsi que de la lourde responsabilité qui leur incombe : la qualité des interactions qu’elles proposeront aux enfants/adultes autistes.

Les signes d’alerte pour l’entourage :
• Inquiétude des parents
• Régression du langage ou des interactions
• Avant 3 ans : 

• Passivité, ne se retourne pas à son prénom, préfère les activités solitaires
• Absence de babillage, de pointage à 1 an
• Absence de mots à 18 mois
• Absence d’association de mots à 24 mois (pas en répétition immédiate)

VERS QUI SE TOURNER ?
CRA Centre Ressources Autisme
EREA Equipe de référence pour l’évaluation de l’autisme
CAMSP Centre d’Action Médico -Sociale Précoce
CMPP Centre MédicoPsycho-Pédagogique
MDPH Maison Départementale des Personnes Handicapées
HAS Haute autorité de santé www.has.fr

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